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Les architectes

Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc (Paris, 1814 - Lausanne, 1879)
 

Viollet Le Duc. Photo : Xavier Bailly

C’est par le sauvetage du grand patrimoine français, à Vézelay, Paris, Saint-Denis, Carcassonne, Toulouse ou Reims, que l’architecte acquiert son prestige. Grand théoricien, il s’assure aussi le soutien de l’État et sait faire œuvre de création comme à Pierrefonds. Nommé architecte diocésain en 1849, c’est lui qui dirige la première grande campagne de restauration de Notre-Dame d’Amiens. Jusqu’en 1874, il travaille au gros œuvre et au contrebutement, reprenant toutes les parties de l’édifice menacées par la ruine depuis la fin de l’Ancien Régime. Certaines restitutions ainsi que ses interventions sur les formes artistiques, qu’il veut conformes à son idéal du XIIIe siècle, sont de plus en plus contestées au fur et à mesure du chantier. Toutefois, il influe avec succès sur les abords de la cathédrale, en s’opposant au projet municipal de grande rue annulaire prévue pour dégager l’édifice. Pour ce faire, il propose de limiter le développement du parvis, construit l’actuelle chapelle d’hiver et préconise le percement de rues diagonales pour accéder au monument. À l’intérieur de celui-ci, il est l’auteur du décor de trois chapelles rayonnantes. Proche de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie, il fait figurer leur portrait dans la chapelle Sainte-Theudosie. Le sien est encore visible, derrière l’autel de la chapelle axiale et en marmouset, sous le prophète Nahum, en façade occidentale.

Robert de Luzarches (?, dernier quart du XIIe siècle - ?, Premier quart du XIIIe siècle)
 

Que sait-on de ce grand artiste ? Né en 1178 ou 1180, peut-être à Luzarches (Val d’Oise), il s’éteint en 1223 ou 1228 soit à Amiens soit à Paris. Architecte de génie, il n’a laissé à la postérité, comme seule tracetrace
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de sa personnalité et de son talent, qu’un immense chef-d'œuvre : la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. À la demande de l’évêque Évrard de Fouilloy et du Chapitre, il conçoit le plan et l’élévation de l’édifice, dont il engage la construction en 1220. Son nom apparaît donc dans les documents d’archives ainsi que dans deux inscriptions commémoratives, celle du labyrinthe et celle de la façade méridionale du transept. Il existe en ville plusieurs portraits idéalisés de ce maître d’œuvre : sur la maison Douillet (au n° 1, place Notre- Dame), sur le musée de Picardie, rue de la République, et sur le monument des Illustrations Picardes, place Joffre. En 1879, la municipalité lui rend hommage en donnant son nom à la rue située dans l’axe du portail de la Vierge dorée. Enfin, en 1987, l’ancienne École Normale construite par Émile Ricquier, rue Jules Barni, prend le nom de Lycée Robert de Luzarches.

Émile Ricquier (Amiens, 1846 - Amiens, 1906)
 

L’architecte est né dans le quartier Saint-Leu, populaire et laborieux, comme le rappelle Jules Verne à l’occasion de sa réception à l’Académie d’Amiens : « Il y avait une fois un petit garçon qui demeurait dans une vieille maison de la rue des Clairons… ». Véritable « touche-à tout », il associe avec bonheur les styles et les matériaux les plus divers (comme le fer forgé). Sa carrière est féconde à Amiens où il construit de nombreuses maisons de maîtres, une école normale d’instituteurs, un lycée de jeunes filles, un hôtel des postes et télégraphes, des hospices et hôpitaux, des usines, des manufactures, des magasins, des banques, un couvent, une prison, et des monuments funéraires. Parmi ses œuvres, on admire toujours le Cirque Jules Verne et l’Horloge Dewailly. Refaite à l’identique pour l’an 2000, elle a retrouvé l’allégorie du Printemps, bronze d’Albert Roze surnommé « La Marie sans chemise ». La maison de l’architecte, au n° 28 de la rue Sire Firmin Leroux, ainsi que son tombeau au Cimetière de la Madeleine, méritent le détour.

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