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Travaux et rénovations des musées d'Amiens

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Rénovation de la façade du musée
rénovation de la façade du musée de l'Hôtel de Berny

De fond en comble
 

Etudes préalables, étude de programmation, illustrent l’avancée du projet de poursuite des travaux au Musée de Picardie et au musée de l’Hôtel de Berny…mais à quoi servent ces études ?

On peut se poser la question, mais la réponse arrive très vite : avant de s’engager dans un tel projet, le maître d’ouvrage, en l’occurrence la Communauté d’agglomération Amiens Métropole, doit disposer de tous éléments techniques et financiers nécessaires à sa prise de décision qui pourra engager les finances publiques – les siennes et celles de ses partenaires - pendant plusieurs années.

Les bâtiments anciens sur lesquels pèse le poids des ans, nous réservent parfois de mauvaises surprises. Si elles ne sont révélées qu’en cours de chantier, elles peuvent remettre en cause certaines parties du projet, voire générer des coûts supplémentaires.

Sans pouvoir les éviter toutes, il vaut donc mieux anticiper sur les difficultés susceptibles de surgir, en disposant d’un état des lieux précis : nature des sous-sols, des fondations, du clos et du couvert, métrés, état sanitaire, structures bois, réseaux, diagnostic accessibilité…
Les études techniques réalisées par des spécialistes participent à l’élaboration du bilan de l’existant qui est un élément constitutif de l’étude de programmation architecturale et muséographique.

Cette étude de programmation consiste à vérifier la faisabilité technique et financière du projet et à définir le programme architectural et technique (fonctions, interactions, qualité technique, estimation et calendrier des travaux) en tenant compte des différentes contraintes (urbaines, constructives, administratives, financières, de fonctionnement…).
Soumis à la validation de l’Etat et d’Amiens Métropole, il permettra le cas échéant de déterminer le budget de l’opération et son calendrier de réalisation et de solliciter le concours financier des partenaires publics et servira également de cahier des charges pour le recrutement du maître d’œuvre.

Une équipe de projet et un comité de pilotage où siègeront notamment les représentants du maître d’ouvrage, de l’Etat et des Monuments Historiques, accompagneront chacune des étapes du projet, depuis l’étude de programmation jusqu’à la réalisation finale du projet.

Petit glossaire :
Maître d’ouvrage : Commanditaire et financeur de l’opération.
Maître d’œuvre : Architecte.

Mémo
D’autres études peuvent être commandées comme des études des publics qui, par une meilleure connaissance de l’offre et de la demande, permettent de préciser les objectifs de fréquentation à terme.

Accéder aux articles précédents

Les architectes Catherine Frenak et Béatrice Jullien mèneront la rénovation du Musée de Picardie
 

Infographie© Frenak et Jullien : le musée vu depuis la rue de la République

Infographie© Frenak et Jullien : le musée vu depuis la rue de la République

Le Musée de Picardie, considéré parmi les plus beaux musées de province, fait partie depuis son ouverture en 1867 des emblèmes patrimoniaux d’Amiens.

Les travaux engagés depuis 2007, longtemps attendus par les Amiénois et l’équipe de 65 personnes qui y travaillent, ont déjà permis la rénovation du clos et couvert et des corps d’état techniques dans le bâtiment principal du site (dont la création d’un ascenseur).

Mais aujourd’hui, 3 000 des 5 000 m2 restent fermés. C’est pour les restituer au public qu’Amiens Métropole a souhaité poursuivre et mener à terme les travaux, en deux phases.

Plusieurs objectifs sont poursuivis : d’abord la réouverture au public des espaces du premier étage du Musée de Picardie à la fin de l’année 2013, ce qui permettra d’ouvrir le Musée dans sa totalité pour la première fois depuis une trentaine d’années.
Ensuite, l’accessibilité, et ce dans tous les sens du terme :

  • d’un point de vue réglementaire, en permettant l’accessibilité des personnes handicapées,
  • en offrant de meilleures conditions d’accueil pour les touristes,
  • d’une façon plus large, en créant les conditions d’une appropriation du Musée de Picardie par les Amiénois.

C’est pourquoi, dans sa phase 2, la rénovation du Musée intègre aussi une nouvelle façon de penser le rapport du musée avec l’espace du centre-ville. La rénovation du Musée doit ainsi redonner conscience aux Amiénois de la richesse de leur patrimoine, et au musée une ouverture sur la ville. Ceci passe par la rénovation des espaces d’accueil du public. Le hall d’accueil doit donc permettre une meilleure gestion des flux et une organisation adaptée aux spécificités de chaque type de public.

Pour ce faire, une autorisation de programme de 20,4 M€ (avec participation de la Région et de l’Etat) a été établie et un cahier des charges a été élaboré pour le lancement d’un concours l’an dernier.

Le jury pour la désignation de l’équipe de maîtrise d’œuvre pour la rénovation complète du Musée de Picardie s’est réuni le 27 janvier 2012, après une deuxième phase de travail pour quatre équipes qui avait été admises à concourir (parmi la soixantaine de candidatures initiales) lors de la première réunion du jury au printemps dernier.

Après analyses des quatre projets, réalisées de manière anonyme, les membres du jury ont porté leur choix sur le projet porté par le groupement Frenak & Jullien (architectes) / Barriol & Didelon (architectes du patrimoine) / Igrec Ingénierie / 8’18" (concepteurs et plasticiens lumière) / L’Autobus Imperial (designers) / Atelier Dots Paysage.

Ce projet a justement séduit par sa capacité à parler de « l’urbain » et à « rendre le Musée à la Ville » en offrant différentes possibilités d’y accéder : en éloignant le bâtiment neuf projeté de l’édifice actuel, il respecte l’académisme de la façade arrière du musée et dégage un vrai parvis devant la nouvelle entrée créée dans le pavillon Maignan.

Sa fonctionnalité est pertinente et en adéquation avec les souhaits exprimés dans le programme de la consultation par les équipes du musée. La muséographie propose notamment la traversée du grand salon pour tous les publics ainsi qu’un accès direct dans une des salles d’exposition temporaire.

Enfin, l’estimation financière du projet, examinée par les membres de la commission technique, est cohérente avec l’enveloppe globale allouée à l’opération.

Infographie© Frenak et Jullien : le musée vu depuis la rue Puvis de Chavanne

Infographie© Frenak et Jullien : le musée vu depuis la rue Puvis de Chavanne

Le projet de Frenak et Jullien repense donc l’accès au musée : l’entrée de tous les publics se fera par la rue Puvis-de-Chavannes par un parvis remaniant profondément la parcelle et engendrant une nouvelle relation du musée à la rue, remaniée elle aussi. Créant une deuxième façade plus contemporaine au musée, le projet permet la traversée de la parcelle et recrée un bassin d’apparat à l’avant du côté de la façade historique.


Ses avantages sont nombreux et engendrent notamment une profonde modification de la relation du musée à la ville ; il offre un très bon fonctionnement général qui répond aux nouveaux enjeux des musées aujourd’hui : un redéploiement ambitieux des collections permanentes, de beaux espaces d’exposition temporaire et enfin des espaces d’accueil redimensionnés et adaptés à un usage contemporain des musées par le public. Les espaces de travail, cruellement manquants dans ce musée du XIXe siècle sont également créés, pour une meilleure conservation des collections notamment.

  • La surface utile ainsi créée est de 1 137 m2
  • Les surfaces reconsidérées dans œuvre de 2274 m 2, essentiellement au 1er étage.
  • Le travail se déroulera en 2 phases, permettant la réouverture dans œuvre en 2014 (1er étage), pour une réouverture totale, construction nouvelle comprise, en 2016.
  • Le montant des travaux est de 5,4 M€ HT pour la première phase et de 6,5 M€ HT pour la deuxième phase.
Infographie© Frenak et Jullien : l'accueil du Musée

Infographie© Frenak et Jullien : l'accueil du Musée

Catherine Frenak et Béatrice Jullien en bref

Nées respectivement en 1959 et 1960, Catherine Frenak et Béatrice Jullien sont diplômées de l’école d’architecture de Paris la Villette en 1986 et Paris Villemin en 1985. Elles sont associées depuis 1999.

Béatrice Jullien a été maître assistant à l’école d’architecture de Lille de 1996 à 2007. Depuis, elle occupe ce poste à l’école d’architecture Paris Belleville. Elles ont réalisé notamment une bibliothèque halte garderie à Paris en 2007, travaillent sur le chantier du musée de site du Familistère de Guise dans l’Aisne, sur les études du musée des Beaux-arts de Chambéry et du musée de la plasturgie à Oyonnax dans le Jura.

Les trois autres équipes retenues à l’issue de la première réunion du jury étaient : Pierre-Louis Faloci Architecte (France) ; JLCG Arquitectos Lda (Portugal) et Bruno Pantz Architecte (France).

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